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Le pouvoir fragile de l'homme fragile

Au delà de son effet premier, dévastateur, destructeur... laissant le lieu dans un état apocalyptique... avec un sentiment de désolation...
la tempête.... ou devrais-je dire Les Tempêtes... me posent la question de leurs origines, et m'interroge sur leur fréquence acrus ?!?!
Certes l'augmentation global de la température, induit par l'activité humaine, et principalement sa production de CO2, entraîne des changements climatiques... un dérèglement de celui-ci, se manifestant par une hausse du niveau de la mer, une pluviométrie plus abondante.
A la surface de la Terre... vents violent, pluies abondantes... Tempêtes !
Dans les océans... surpopulation d'espèces primitives ou de composition génétique simple, car le milieu change et devient propice à la reproduction.
Surpopulation du aussi à la disparition de leurs prédateurs par la sur-pêche. Ces espèces (comme la méduse) deviennent ponctuellement invasives , géographiquement parlant et dans le temps. Devenant invasive, un autre échelon de la chaîne en pâtie.
Cela se passant sous l'eau... c'est moins spectaculaire... et moins enclin à déplacer les journalistes, comme la dévastation de la forêt des Landes en 2009, par la tempête Klaus.
Imaginons un moment précis ou tous ces ingrédients seraient réunis au même moment et dans le même lieu.
Un été, ou les méduses arriveraient en nombre dans le bassin... le vent se lèverait, en fin de journée, atteignant une telle force capable de déplacer des bateaux... que l'on retrouverait échoués en centre ville... bien entendu, les méduses, de part l'insignifiance de leur poids, auraient suivies par milliers... et joncheraient le sol de la ville.
Le lendemain, face au chaos et à la désolation visuelle, les habitants ne soupçonnent pas encore le fléau invisible des tentacules des méduses, toxiquement actives plusieurs jours après leurs décès.
Ce petit scénario, pour montrer qu'il existe des dangers aussi grave, si ce n'est plus dans le temps, beaucoup moins visible que les effets d'une tempête, qui somme toute n'endommage que des biens matériels d'une petite partie de la population et non l'équilibre globale de la biodiversité.
Un autre phénomène, encore plus silencieux et insoupçonné va se produire sous nos yeux, c'est la disparition de nombreuse espèces végétale.
En effet, depuis la nuit des temps, le climat sur notre planète à changé plusieurs fois. Mais il a changé dans une échelle géologique... c'est-à-dire extrêmement lentement... et une majorité des espèces réussissaient à s'adapter par transformation, par mutation, par évolution, même les végétaux et je pense ici plus spécifiquement aux grands... aux arbres. Aujourd'hui les changements sont extrêmement rapide et radicaux, les biotopes changent à une vitesse vertigineuse (nous somme toujours ici à une échelle géologique, pas à l'aire industrielle !), les végétaux ne peuvent pas se modifier à une telle vitesse. Même les mammifères ou autres animaux, pourtant à la capacité évolutive plus grande, perdent des espèces, des familles.
Les végétaux et les arbres n'ayant pas la possibilité de se réfugier dans des espaces plus propices (oui, oui, oui !), avec cette rapidité vont disparaître !!!
Non pas tous... mais certainement une grande partie... et ce qui est encore plus désolant, c'est que des espèces, encore inconnues -non répertoriées et analysées- vont disparaître avant même d'avoir pu être découvertes !!!

Mon installation dans ce square, proche du centre ville de La Teste de Buch... veut vous parler de ça... veut vous raconter cette histoire… aimerait vous toucher et rendre visible à vos yeux et vos coeurs, ces pertes invisibles !!!
Dans l'imaginaire collectif... la tempête est associée à la mer.... et aux naufrages (La Tempête de Shakespeare)
L'installation est donc composée de coques de bateaux à l'envers (deux pièces), mais comme cet évènement est arrivé il y a fort longtemps… des coques ne reste visible que les membrures et elles ne sont plus que recouvertes de lambeaux de tissus, et colonisées par les algues.
Ces bateaux renversés représente le pouvoir fragile de l'homme fragile face aux autres êtres vivants.
Les algues, êtres vivants de structure simple, ayant une reproduction asexuée, et pour certaines par simple division de cellules, sont les plus aptes, à mon sens, à s'adapter aux changements brusques des biotopes, imposés par l'homme.
Le choix des méduses est dicté par l'histoire même de cet animal, carnivore et nettoyeur des océans. Elles sont apparues il y a des millions d'années, bien avant les dinosaures, et on traversés tous les sursauts de notre vieille planète. Elles sont toujours là aujourd'hui, sans avoir réellement évoluées ou s'être modifiés formellement, pour ce que l'on en sait car étant composées de 90% d'eau les fossiles sont plutôt rares ?!?!
Mon choix s'est porté sur la méduse, aussi parce qu' il y a peu de temps un scientifique à découvert une espèce qui était capable de rajeunire ses cellules... ce qui voudrait dire... l'immortalité !!!
Et je trouve ça coquasse et juste, que cet animal y arrive, au regard de sa place dans la biosphère, et de son statut dans l'imaginaire de l'homme.

« Alios 2011 »
Parc Jean Hameau
La Teste de Buch
Gironde

Juillet 2011
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